La Communauté économique européenne comptait six pays fondateurs en 1957. L'Union européenne en a compté jusqu'à vingt-huit avant le retrait britannique, et en compte aujourd'hui vingt-sept. Entre ces deux dates, sept vagues d'élargissement successives ont progressivement transformé un club fondateur d'Europe de l'Ouest en une union continentale, intégrant tour à tour le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark en 1973, la Grèce en 1981, l'Espagne et le Portugal en 1986.
2004 : le tournant historique
Le plus vaste élargissement de l'histoire de l'Union survient le 1er mai 2004, lorsque dix pays rejoignent simultanément l'Union — la plupart issus de l'ancien bloc soviétique : Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, pays baltes, Slovénie, ainsi que Chypre et Malte. Cet élargissement met symboliquement fin à la division du continent héritée de la guerre froide, quinze ans après la chute du mur de Berlin.
Chaque élargissement, une négociation à part entière
Chaque adhésion suit un processus de négociation exigeant, structuré autour de critères précis — les critères de Copenhague, définis en 1993 — portant sur la stabilité démocratique, l'État de droit, une économie de marché viable et la capacité à reprendre l'ensemble de la législation européenne. Ce processus peut prendre une décennie ou davantage, comme l'illustrent les négociations toujours en cours avec plusieurs pays des Balkans occidentaux.
Chaque élargissement a renforcé le poids économique et diplomatique de l'Union sur la scène mondiale, tout en complexifiant sa prise de décision collective et en accentuant la diversité de ses situations économiques internes. C'est un mouvement continu, jamais totalement achevé : la carte de l'Union européenne n'a, en soixante-dix ans, jamais cessé de bouger.
Une Europe qui se construit dossier après dossier
Qu'il s'agisse d'histoire, d'économie, d'institutions, d'élargissement, de défense ou de société, chaque rubrique raconte une facette différente de la même question : comment l'Europe conjugue union et divisions. Rien n'est figé : chaque crise traversée et chaque initiative engagée peut encore faire évoluer cet équilibre.
Pour aller plus loin
- Comparer plusieurs sources avant de juger la portée d'un chiffre ou d'une date
- Replacer chaque texte européen dans son contexte historique réel, pas seulement sa date d'adoption
- S'intéresser aux dynamiques politiques autant qu'aux textes officiels
- Suivre l'actualité européenne pour voir ces équilibres évoluer d'une année à l'autre