Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, l'Union européenne dispose d'un service européen pour l'action extérieure, une véritable diplomatie commune dotée de délégations dans la plupart des pays du monde, ainsi que d'un haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, chargé de représenter l'Union sur la scène internationale. Sur le papier, l'architecture d'une politique étrangère commune existe donc depuis plus de quinze ans.
La règle de l'unanimité, principal frein
Dans la pratique, la politique étrangère et de sécurité commune reste l'un des domaines où l'unanimité des vingt-sept États membres est requise pour la plupart des décisions majeures. Cette règle, pensée pour préserver la souveraineté nationale sur des sujets sensibles, ralentit considérablement la capacité de réaction de l'Union et peut la réduire, sur certains dossiers, au plus petit dénominateur commun entre des positions nationales parfois très éloignées.
Des succès diplomatiques réels malgré tout
L'Union a néanmoins su peser collectivement sur plusieurs dossiers majeurs : les négociations commerciales internationales, où elle agit comme bloc unique doté d'une compétence exclusive, la diplomatie climatique, où elle a joué un rôle moteur dans les accords internationaux successifs, ou encore, plus récemment, la coordination des sanctions contre la Russie, obtenue à l'unanimité malgré des intérêts nationaux divergents.
Le débat sur le passage à la majorité qualifiée pour certaines décisions de politique étrangère revient régulièrement sur la table européenne, porté par ceux qui estiment que l'unanimité paralyse l'influence internationale de l'Union. Il se heurte systématiquement à la réticence des États les plus attachés à conserver un droit de veto sur des sujets touchant directement à leur souveraineté diplomatique.
Une Europe qui se construit dossier après dossier
Qu'il s'agisse d'histoire, d'économie, d'institutions, d'élargissement, de défense ou de société, chaque rubrique raconte une facette différente de la même question : comment l'Europe conjugue union et divisions. Rien n'est figé : chaque crise traversée et chaque initiative engagée peut encore faire évoluer cet équilibre.
Pour aller plus loin
- Comparer plusieurs sources avant de juger la portée d'un chiffre ou d'une date
- Replacer chaque texte européen dans son contexte historique réel, pas seulement sa date d'adoption
- S'intéresser aux dynamiques politiques autant qu'aux textes officiels
- Suivre l'actualité européenne pour voir ces équilibres évoluer d'une année à l'autre